Begin Again (part. 2)


            Le début du trajet se fit dans le silence. À cette heure, la ville était totalement éteinte et il n'y avait plus aucun bruit, cela en presque effrayant et en réalité, la rousse était contente de ne pas rentrer toute seule. Elle savait qu'elle ne se serait pas fait égorger au coin de la rue, mais c'était tout de même plus rassurant d'être accompagnée. Il ne fallait qu'une petite quinzaine de minutes pour aller du café-libraire à son appartement. Mais elle s'inquiétait surtout pour Sanji, ce dernier était déjà mort de fatigue et elle ne voulait pas être la responsable d'un quelconque malheur. Lui, au contraire, semblait à l'aise et déjà, il allumait la cigarette qu'il venait de sortir de son paquet. Nami avait été étonnée d'apprendre qu'il fumait. En effet, il le faisait seulement pendant ses pauses, n'ayant pas le droit de fumer pendant ses heures de travail et l'odeur ne semblait pas s'accrocher éternellement à lui comme certains de ses amis. Marco n'était pas un fumeur, c'était quelque chose qu'elle n'aimait généralement pas chez les gens, aussi bien chez les hommes que chez les femmes et c'était un fait presque rédhibitoire. Cependant, fumer ne rendait l'adorable pâtissier que plus sexy.
 
« Tu es certain que cela ne te dérange pas de me raccompagner ? Il faut que tu te reposes et je n'ai pas envie de te faire faire un gros détour, déclara la plus jeune d'une année en s'arrêtant soudainement.
-Ne t'inquiète pas pour moi, même si on ouvre toute la journée, le dimanche est toujours plus calme, on s'organisera pour se reposer. On est bien plus qu'une équipe. »
 
            Le ton de son ami était rassurant et il passa doucement sa main contre le bas de son dos, la faisant avancer et accompagnant ainsi ses gestes à sa parole. Un sincère sourire s'était installé sur son visage et la professeure des écoles voulait bien croire, qu'en effet, les employés du Thousand Sunny était bien plus que des collègues. Ils semblaient même être quelque chose qui ressemblait fortement à une famille. Malgré tout, elle n'était pas totalement convaincue par ses arguments.
 
-Tu es certain ?
-Certain, annonça le serveur en la regardant avec un mélange de détermination et de tendresse, ce qui la fit rougir. Pourquoi tu es partie en urgence mercredi dernier ? Questionna-t-il doucement et Nami se tendit. T'es pas obligée de m'en parler si tu veux pas, rajouta-t-il rapidement et il avait dû apercevoir sa réaction.
-Non, ce n'est rien. Enfin, je veux dire, autant être honnête, n'est-ce pas ? Répondit-elle en tentant de sourire, malheureusement, cela ressemblait plus à une grimace qu'autre chose. C'était simplement mon idiot d'ex petit ami.
-Oh, Marco je vois. »
 
            La rousse se contenta de hocher la tête. Bien évidemment, au fil de leurs discussions ils avaient appris à se connaître et avaient parlé de leur vie privée. La professeure ne lui avait pas raconté tout dans les détails, comme elle l'avait déjà dit ; il était bon de garder un jardin secret. Elle lui avait simplement compté les grandes lignes. Elle était folle amoureuse de lui malgré ses défauts qu'elle acceptait totalement, jusqu'au jour où il l'avait quitté sans aucune raison, la laissant derrière lui, le c½ur brisé. Comme d'habitude, le blond n'avait jugé ni elle, ni Marco, ni leur relation, il lui avait simplement dit et elle citait : « S'il était trop bête pour voir ce qui se trouvait à côté de lui, alors vous n'aviez rien à faire ensemble ». Et sa réplique l'avait fait sourire.
 
            Le reste du chemin se passa en silence, mais ce n'était pas gênant, c'était au contraire confortable. Le silence était quelque chose qu'elle avait appris à aimer aux côtés du serveur. Marco était quelqu'un de bruyant, il parlait tout le temps, à l'époque cela ne la dérangeait bien évidemment pas. Néanmoins, elle devait avouer que les moments calmes qu'elle partageait avec Sanji était réellement agréable. Ils ne parlaient pas quand ils sentaient que ce n'était pas nécessaire et se contentaient de se regarder, se comprenant dans les yeux de l'autre. Le barbu eut le temps de fumer une nouvelle cigarette avant que, progressivement, elle le sente se rapprocher d'elle. La rousse aurait très bien pu s'éloigner et remettre une distance convenable entre eux. Elle n'en avait cependant aucune envie et au contraire, elle se rapprocha à son tour, si bien que leurs épaules finirent par se toucher. Leurs doigts, eux, jouaient timidement ensemble, se frôlant, se touchant, s'attrapant parfois mais sans jamais se mêler. C'était enfantin, mais mignon et ils ne pouvaient que glousser face à leur comportement digne d'adolescents. Encore une fois, c'était un moment apaisant qu'elle partageait avec Sanji et elle fut déçue en voyant qu'ils arrivaient déjà dans sa rue.
 
« La princesse est arrivée devant son château, plaisanta le blond en faisant une révérence ridicule et Nami ne put qu'exploser de rire.
-Merci beaucoup, c'était très gentil de ta part. »
 
            La rousse savait pertinemment qu'elle était rouge pivoine. Elle était gênée et ne savait que faire de plus. Elle avait été en couple si longtemps avec Marco qu'elle ne se rappelait même plus ce que le mot « draguer » voulait dire. Stop. Depuis quand souhaitait-elle « draguer » son serveur préféré ? Il y avait tout de même une différence entre un coup de c½ur et vouloir séduire quelqu'un. La jeune femme se retint de grogner. Bien sûr que oui elle voulait plaire à Sanji et depuis un petit bout de temps et ce que lui avait dit Zoro avant qu'ils partent l'avait secouée, retournée, ébranlée.
 
« Toujours, finit par lui répondre son aîné en lui saisissant la main, il la regardait dans les yeux et elle pouvait lire tant d'émotions dans ses iris qu'elle croyait pouvoir se noyer dedans.
-Toujours ? Répéta-t-elle presque niaisement en penchant la tête sur le côté et elle se détestait pour cela, le prince charmant existait pas alors pourquoi s'acharner à être une demoiselle en détresse ?
-Enfin, je veux dire, je sais pas, euh, ouais sûrement, c'est bizarre que je te dise ça ? J'veux dire on se connaît pas depuis longtemps et enfin, tu vois ce que tu veux dire quoi. »
 
            C'était plus fort qu'elle, Nami ne put que, une fois de plus, rire à gorge déployée. C'était la première fois qu'elle le voyait perdre ses moyens devant elle et elle devait avouer que c'était hilarant. En réponse, Sanji rougit et lâcha sa main pour croiser les bras contre son torse, boudant, ce qui eut comme seul effet d'accentuer le rire de la professeure. Progressivement, elle finit par se calmer et même si le serveur continuait de faire la tête, elle pouvait voir qu'un léger sourire étirait ses lèvres. Il était vraiment beau, là, sous les rayons blanchâtres de la lune. Sans prendre le temps de réfléchir, la rousse se pencha en avant, saisit le visage du jeune homme qui lui faisait face avec toute la douceur dont elle était capable actuellement et l'embrassa.
 
            Au contact des lèvres de Sanji, la jeune femme ferma ses beaux yeux noisette, tentant de se fondre dans le baiser. Pendant ce qui lui parut une éternité, elle fut la seule à embrasser le blond, ce dernier ne lui répondant pas, se contentant de rester statique. Et alors, que honteuse, elle se séparait doucement de lui, le plus vieux sembla réagir. Dans un dernier élan, il saisit fermement ses hanches avant de l'attirer contre lui, l'embrassant en retour. Nami put enfin se détendre et ce fut en se retenant de sourire qu'elle glissa ses mains des joues du jeune homme jusqu'à ses cheveux couleur or. Doucement, le barbu vint lui mordre la lèvre et elle ouvrit immédiatement la bouche, comprenant ce qu'il voulait. Leurs langues se mélangèrent en un langoureux ballet, entre séduction et jeu. L'haleine du serveur était un mélange de café et de cigarette, renforçant dans son esprit l'idée qu'il travaillait bien trop. Malgré tout, elle aimait le goût que cela avait dans sa propre bouche, sucrée suite aux douceurs qu'elle avait avalé tout au long de la soirée.
 
            Naturellement, ils finirent par se séparer et se prirent longtemps dans les bras l'un de l'autre. Appréciant la chaleur du corps de l'autre contre le leur et le moment apaisant qu'ils partageaient. Le temps d'un instant, la belle repensa à ce qu'elle venait de faire. Avait-elle eu raison ? Elle avait laissé, pour une fois, son c½ur la guider et c'était ce que ce dernier lui avait hurlé de faire. Q'en était-il de Marco ? Ce n'était pas la première fois qu'elle analysait la situation, mais elle n'avait pas encore trouvé de solution. Aimait-elle encore son ex petit-ami ? Elle ne pouvait pas se permettre de commencer une quelconque relation avec Sanji si elle était toujours amoureuse de Marco. Malgré ses plus grands efforts, elle n'avait pas d'autres choix que d'admettre qu'elle l'aimait encore aujourd'hui et qu'elle l'aimerait peut-être toujours. Aimait-elle le blond plus que Marco ? Elle n'en était pas certaine. Elle devait arrêter d'agir impulsivement, cela ne lui allait pas.
 
« À quoi tu penses ? Demanda soudainement le blond et Nami hésita le temps de quelques secondes à lui répondre.
-À ce qu'on venait de faire, si c'était une bonne idée, finit-elle par déclarer, se convainquant qu'une relation, pour être saine, devait être basée sur l'honnêteté.
-Tu penses à Marco, hein ? »
 
            La plus jeune se retint de grogner, parce qu'une fois de plus, il avait deviné avec une aisance terrifiante ce qui se tramait dans sa tête. Il savait à quel point Marco avait été important pour la rousse et la compréhension qui teintait sa voix lui fit plaisir. Sa seule réponse fut un hochement de tête positif contre l'épaule le blond. Elle se sentait honteuse d'être aussi indécise. Cependant, Marco était l'homme qui lui avait plu des années durant et maintenant que quelqu'un d'autre lui plaisait, elle ne savait plus comment réagir. Soudain, Sanji mit de l'espace entre eux avant de soulever son menton à l'aide de son index et son majeur, créant un intense contact visuel entre eux.
 
« Et si je te faisais oublier l'idiot ? Proposa-t-il sur un ton innocent qui contrastait avec son sourire carnassier, montrant que ses intentions n'étaient pas si saintes que cela.
-Tu penses en être capable ? Le provoqua-t-elle, le même sourire accroché aux lèvres et les deux comprirent qu'ils étaient sur la même longueur d'onde. Rentre donc avec moi. »
 
            Sans un mot de plus, Nami saisit la main de l'employé du Thousand Sunny et s'avança devant la porte de sa résidence. Fébrilement, elle sortit le porte clefs et facilement, elle trouva la bonne parmi le nombre important de clés et ouvrit la porte de la résidence. Puis, elle entra et guida d'un pas pressé Sanji dans le couloir. Un sourire étirait ses lèvres, sourire qui contrastait avec ses tremblements. Ces derniers étaient si incontrôlables qu'elle ne réussit pas à ouvrir la porte de son appartement et fit même tomber le trousseau de clefs. La réaction du blond ne se fit pas attendre, déjà, il gloussait sans aucune gêne. La rousse ne retint pas son juron et pendant qu'elle pestait, le jeune homme avait déjà récupéré le porte clés et le lui tendait, un sourire moqueur sur son visage. Elle les saisit bien plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu et poussa un soupir, tentant de se détendre avant d'enfoncer la clef dans la serrure. Tout aurait pu aller plus vite si le barbu n'avait pas commencé à embrasser la peau de son cou. Les baisers la faisaient frissonner de plaisir, la faisant presque gémir, au contraire des poils qui la piquaient et lui donnait envie de rigoler plus qu'autre chose. Et ce fut ce qu'elle fit, tout en ouvrant la porte de son appartement.
 
            Sanji n'avait pas semblé s'attarder sur la décoration de son appartement et même s'il l'avait fait, il n'avait fait aucun commentaire. De toute manière, cela n'importait que très peu. Nami jeta son sac à main, ses clefs et sa veste par terre et le serveur suivit le mouvement. Puis, sans aucune raison, la rousse commença à courir dans son salon, le blond la poursuivant. Les deux adultes rigolaient à gorge déployée et bien évidemment, la course poursuite se termina dans la chambre à coucher. La professeure se laissa tomber sur lit sans aucune grâce et Sanji lui sauta dessus, l'écrasant, la faisant crier de douleur, puis grogner de colère et enfin rire de joie. Le plus vieux s'amusa à lui faire des chatouilles et Nami avait l'impression d'être revenu presque dix ans en arrière, quand elle n'était encore qu'une adolescente et cela faisait un bien fou.
 
            La plaisanterie prit fin et les deux jeunes gens se regardèrent dans les yeux, tentant de lire dans les prunelles de l'autre ce qu'ils recherchaient désespérément. La jeune femme avait oublié de fermer les volets en partant et les rayons de la pleine lune baignait la pièce d'une douce chaleur. Les yeux si expressifs du barbu semblaient briller et dévoiler des sentiments dont la rousse n'était même pas certaine de connaître les noms. Soudain, il se mit à sourire et une fois de plus, Nami l'admira. Il était d'un beauté et d'un naturel époustouflant. Sans attendre plus longtemps, elle déposa un doux baiser sur ses lèvres et il lui répondit dans la seconde qui suivit. C'était doux et innocent. Jusqu'à ce que Sanji glissa sa main sous le fin pull de la belle. Immédiatement, des frissons la parcoururent de la tête aux pieds et elle poussa un léger gémissement dans le baiser. Sa main devenue rêche à force de travailler sous l'eau remonta plus haut encore, jusqu'à son soutien-gorge. La rousse se cambra et saisit avec force la touffe blonde qui lui était à portée de main. Le dos de la jeune femme ne touchant plus les couvertures, Sanji en profita pour dégrafer le sous-vêtement en un mouvement de main expert. Ensuite, en interrompant le baiser, ce qui lui valut un grognement de la part de la belle, il lui ôta le fin pull qui le gênait plus qu'autre chose.
 
            Le plus vieux se redressa quelque peu et fixa pendant quelques secondes la vue qui s'offrait à lui. La respiration de Nami s'arrêta brusquement, avant de reprendre rapidement et elle pouvait aisément voir sa poitrine se soulever au rythme de ses inspirations. Elle était rouge pivoine et sentir à nouveau après autant de temps le regard fiévreux d'un homme sur son corps la faisait déjà fondre. Il la désirait, il la désirait tellement qu'elle pouvait le sentir jusqu'à son bas ventre. Elle ne tiendra jamais jusqu'à ce qu'il lui fasse l'amour, elle en était certaine. Sans perdre son sourire, le blond fit glisser les bretelles de son soutien-gorge le long de ses épaules tout en les embrassant chastement. Puis, il le retira totalement et la rousse put sentir son souffle chaud entre ses deux seins. Elle gémit et, prenant appuie sur ses talons et ses omoplates, elle remonta son torse, pour enfin sentir la bouche de Sanji sur cette partie de son corps. Le barbu s'exécuta et embrassa, lécha et joua avec sa poitrine. Soudain, elle sentit ses dents contre ses mamelons et sa seule réaction fut de poussé un cri mélangeant surprise et plaisir. Elle n'avait pas goûté aux plaisirs de la chair depuis bien longtemps et les sensations n'en étaient que plus puissantes.
 
            Le serveur finit par revenir sur sa bouche et tout en l'embrassant avec passion, Nami utilisa toute la force qu'elle possédait pour le retourner et se retrouver au-dessus de lui. Le plus lentement possible, elle passa ses mains sous le pull qu'il portait et le releva, de façon à ce qu'il soit lui aussi torse nu. Ensuite, la jeune femme massa ses épaules, avant de descendre sur son torse musclé, puis plus bas et elle fut captivée, le temps de quelques secondes par ses abdominaux qui se contractaient sous le plaisir. Taquine, elle souffla dessus et la réaction de Sanji ne se fit pas attendre, il pesta et la professeure le regarda, étonnée, c'était bien la première fois qu'elle l'entendait jurer, enfin, excepté quand il était question de Zoro. La rousse remarqua la bosse qui déformait le pantalon de son amant et décida de le déboutonner pour le soulager. Elle l'entendit pousser un soupir de bien être quand elle le fit, puis elle enleva totalement son bas, le faisant glisser le long de ses jambes musclées. Elle arrêta tout mouvement et à l'image de ce qu'il avait fait il y a quelques minutes, Nami l'observa de toute sa hauteur, appréciant le fait qu'elle le dominait. Tendrement, elle déposa sa main droite contre sa joue et vient l'embrasser, c'était lent, langoureux ; une pause dans toute la frénésie de l'instant.
 
            Tout en continuant de jouer avec la langue de son amant, la plus jeune descendit sa main gauche le long de son torse, s'arrêtant sur ses abdominaux avant de reprendre et de se diriger vers la bosse qui déformait son boxer. Elle l'entendit gémir dans le baiser et fit de même lorsqu'elle sentit l'une des mains du blond descendre le long de sa colonne vertébrale jusqu'à ses fesses. Toujours recouvertes par son jeans. D'ailleurs, alors qu'elle allait saisir le membre du jeune homme, ce dernier donna un fort coup de bassin et la retourna pour qu'elle soit à nouveau sous lui. La rousse rompit le baiser en gloussant, plus amusée qu'autre chose par ce jeu de domination et de soumission. Rapidement, Sanji la déshabilla, enlevant tant bien que mal son jeans skinny. Elle l'entendit râler à plusieurs reprises et son comportement la faisait encore plus rigoler, ce qui le faisait encore plus râler. Cercle vicieux qui ne fut rompu que lorsqu'il renoua le contact avec ses lèvres avant de poser sa main contre son dernier sous-vêtement, ce qui la fit hoqueter de plaisir.
 
            Nami perdit progressivement pied et elle ne fut rapidement plus qu'une masse suppliante. La torture que lui faisait subir le blond était à la fois plaisante et insupportable, elle voulait succomber à son toucher comme elle voulait y échapper. Elle voulait qu'il arrête sa torture, elle voulait le sentir en elle maintenant, elle se sentait prête à l'accueillir, comme si elle attendait ce moment depuis une éternité et cela était à la fois grisant et effrayant. La professeure tenta d'exprimer son désir, cependant, tout ce qu'elle pouvait faire dans ce brouillard de sensations, c'était gémir, ce qui réduisait considérablement la communication. Tremblante, elle se redressa et saisit la tête de son amant qui se trouvait au niveau de son intimité. Immédiatement, ils établirent un long contact visuel dans lequel passion, désir et peut-être ce qui ressemblait à une pointe d'amour se transmettaient de l'un, vers l'autre. La belle embrassa pour la énième fois Sanji, se goûtant par la même occasion.
 
« Préservatifs ? Articula difficilement le serveur, ses lèvres contre la bouche de la plus jeune.
-Table de chevet. » Répondit-elle en hachant elle aussi ses mots.
 
            Le blond s'exécuta sans un mot de plus et elle l'entendit fouiller sans grande précaution dans sa table de chevet. Il allait lui mettre le bazar dedans, de cela, elle en était certaine, mais c'était le cadet de ses soucis. Elle entendit le bruit de l'emballage qui se déchira et elle profita de ces quelques secondes de répit pour reprendre son souffle, se forçant à ne pas réfléchir à ce qui allait se passer. La rêche main de son amant contre sa joue lui fit reprendre contact avec la réalité et immédiatement, elle sourit en tombant dans le profond regard du barbu. Il lui donnait l'impression qu'elle était la huitième merveille du monde et cela lui faisait un bien fou. Sous l'émotion, elle l'embrassa et une fois de plus, leur langue jouèrent ensemble, se touchant et s'enlaçant sans se lasser. Nami se sentait tellement bien qu'elle avait envie que ce moment dure plus longtemps, que Sanji soit auprès d'elle plus longtemps et que cette nuit ne se termine jamais. En coupant le baiser, le jeune homme se redressa et la regarda longuement, comme s'il attendait un quelconque accord. C'était un geste attentionné et le c½ur de la plus jeune ne put que fondre.
 
            Doucement, il lui écarta les jambes et vint se placer devant son intimité et tout en l'embrassant passionnément, il la pénétra. Sous la légère douleur, elle mordit sa langue et lui donna un coup de poing contre son épaule. Instantanément, le plus vieux se retira, rompit le baiser et passa un doigt contre sa langue, avant de constater qu'elle saignait. La rousse se sentit honteuse, rouge, elle saisit le visage de son amant, lui ouvrit la bouche sans grande délicatesse pour s'assurer qu'il allait bien.
 
« Je suis tellement désolée, ça fait juste si longtemps, je-, tenta-t-elle d'expliquer, la voix tremblante alors qu'elle caressa son visage avec douceur après s'être assurée que tout allait bien.
-C'est rien, ricana-t-il en passant une nouvelle fois son doigt contre sa langue ensanglantée. On va y aller plus doucement, t'es parfaite, ok ? »
 
            Nami hocha la tête et l'embrassa avec douceur. Et ils reprirent là où ils s'étaient arrêtés. Sanji la pénétra à plusieurs reprises, pensant que cela permettrait à la jeune femme de s'habituer à lui, et cela fonctionna. Bientôt, tout ne fut que gémissements. Le blond roulait des hanches en douceur et la rousse s'accommoda aisément à son rythme, ses mains fermement accrochées à ses omoplates. La vue de la professeure se flouta tant les sensations étaient fortes, ne pouvant aligner deux mots, elle se contentait donc de gémir, d'embrasser les lèvres ou de griffer le dos de son amant pour lui montrer à quel point elle aimait ce qu'il lui faisait.
 
            La jeune femme croisa ses jambes dans le bas du dos du jeune homme et immédiatement, il s'enfonça plus profondément en elle, lui arracha un cri de plaisir. Sanji descendit ensuite sa tête vers son cou et embrassa, lécha, mordilla et aspira la peau qui lui était offerte, il s'acharnait tellement qu'elle était certaine qu'elle aurait un magnifique suçon le lendemain matin. Elle n'avait jamais trop adhéré au suçon, trouvant que cela faisait très animal de marquer son territoire de cette manière et surtout que cela la réduisait à un simple objet. Cependant, le moment était si érotique qu'elle se laissa aller à la sensation que cela lui procurait.
 
            Les deux amants s'aimèrent pendant de longues minutes encore, avant que Nami, secouée par la passion, le désir et l'extase perde pied et atteigne le septième ciel. La jeune femme ferma les yeux et ouvrit la bouche, mais elle fut incapable de produire le moindre son tant la sensation était intense. Soudain, elle rouvrit les paupières et elle laissa un sanglot de bonheur sortir de sa bouche, avant de la recouvrir d'une de ses mains, étonnée d'avoir eu cette réaction. Le blond la rejoignit après quelques coups de reins supplémentaires en un grognement et un long baiser que la jeune femme fit durer le plus longtemps possible.
 
            Sanji roula sur le côté se plaçant sur le dos et alors que la belle s'apprêtait à se coller contre lui, il se releva soudainement. Le temps d'un instant, elle eut peur qu'il se rhabille et s'en aille, cependant, il ôta simplement son préservatif, le noua et après un rapide coup d'½il dans la chambre, il le déposa dans la poubelle. Ensuite, il revint s'installer dans le lit, où la professeure l'attendait, toujours nue, à présent glissée sous les draps et un époustouflant sourire accroché à ses lèvres pulpeuses. Immédiatement, elle se blottit contre lui et ce dernier passa délicatement son bras gauche contre le bas du dos, la collant encore plus contre lui. Un silence régnait entre les deux adultes et une fois de plus, il était apaisant.
 
« C'était magnifique, merci, souffla-t-elle en caressant du bout des doigts le torse du barbu et il lui embrassa le front, avant de lui caresser tendrement les cheveux.
-Je t'apprécie vraiment Nami. » Confessa-t-il avant de déposer un chaste baiser et d'une infime douceur sur ses lèvres.
 
            Elle aurait dû lui répondre quelque chose, elle le savait, malheureusement, elle n'était pas certaine d'être capable de lui renvoyer ses sentiments maintenant et elle ne voulait pas lui mentir. À la place, elle embrassa son cou, posa sa tête contre son torse et ferma les yeux. Si Sanji avait été blessé par son silence, il ne fit aucune remarque et ne laissa rien paraître. La nuit avait été éprouvante et la belle voulait profiter des derniers instants de bonheur qui lui étaient offerts.
 
*
 
            Contrairement à ce qu'elle avait pensé, ce ne fut pas les rayons du soleil qui la réveillèrent. Clignant des yeux rapidement, tentant de se réveiller complètement, elle poussa un léger soupir avant de s'étirer longuement. Un léger sourire aux lèvres, elle se tourna pour pouvoir se coller à nouveau contre Sanji et apprécier un peu plus longtemps la chaleur de son corps. Malheureusement, elle ne l'atteignit pas, fronçant les sourcils, elle étira le bras pour tapoter la place qui se trouvait à côté d'elle, mais elle ne sentit que du vide. Dans l'incompréhension, la jeune femme releva la tête, ouvrit les yeux du mieux qu'elle le put et constata avec horreur que Sanji était parti. Affolée, elle regarda l'heure qu'affichait le réveil se trouvant sur la table de chevet : dix heures du matin ? Épuisée, elle se laissa retomber sur son lit et passa ses mains sur son visage.
 
            Des moments de la nuit passée lui revinrent en mémoire et elle se souvint s'être réveillée plus tôt dans la matinée, suite au réveil du blond. Ce dernier avait dû sonné vers six heures, si ce n'était pas avant. À ce souvenir, un fin sourire étira ses lèvres. Le jeune homme avait voulu quitté son lit et elle, à moitié endormie, l'avait supplié de rester un peu plus longtemps. Malheureusement, elle n'avait pas eu gain de cause, même avec une moue boudeuse accompagnée d'une pose suggestive. Le serveur était parti, après l'avoir longuement embrassé et lui avoir proposé de passer au café-libraire quand elle serait enfin debout.
 
            Le sourire déjà présent sur ses lèvres s'agrandit en repensant à la nuit qu'elle avait passé en compagnie de Sanji. Nami ne savait pas si elle pouvait la qualifier comme la meilleure de toute sa vie, malgré tout, elle devait avouer qu'elle avait été l'une des plus agréables de toute sa vie. Le serveur avait été d'une incroyable douceur et avait fait passer ses besoins avant les siens. Elle se mit soudainement à glousser et elle croisa ses bras, les crochetant devant ses yeux. Pour la première fois depuis six mois, depuis que Marco l'avait quitté, elle se sentait bien, elle se sentait même heureuse. Son rire s'intensifia et toujours avec ce même entrain, elle se leva et décida de partir le plus tôt possible pour rejoindre son amant.
 
*
 
            La rousse poussa la porte du Thousand Sunny en souriant fortement. Comme d'habitude, une puissante odeur de café mélangée à celle des pâtisseries lui assaillit les narines et comme à chaque fois, elle se crut au paradis. D'un pas léger, elle se dirigea vers le comptoir, à la recherche de Sanji. Elle avait réfléchi tout le long du trajet à sa relation avec le blond et où est-ce qu'elle voulait que cette dernière la mène. Jamais elle ne regretterai la nuit qu'elle avait passé en sa compagnie et il n'y avait aucune raison valable pour que cela soit le cas. Elle devait l'avouer, elle aimait beaucoup le barbu, il la faisait rire, était gentil, avait de la conversation et elle sentait qu'il y avait une sorte de lien entre eux. Elle ne pouvait, pour autant, pas encore dire qu'elle était amoureuse de lui, malgré tout, c'était le chemin qu'elle était sur le point d'emprunter.
 
            Bien évidemment, Marco lui était venu en tête, elle ne pouvait nier le fait qu'elle l'aimait toujours et peut-être qu'elle le ferait jusqu'à son dernier souffle. Cependant, elle voulait aller de l'avant, c'était ce qu'elle avait tenté de faire ces six derniers mois en coupant tout contact avec lui et Sanji serait la dernière étape. Maintenant, qu'elle avait fait le point sur ses sentiments et sur ce qu'elle voulait, il lui restait plus qu'à trouver les mots et le dire au blond. Et cette partie, elle en était pleinement consciente, serait la plus compliquée.
 
            Sans perdre son sourire, elle s'installa sur l'une des chaises du comptoir et jeta un coup d'½il à toute salle à la recherche du magnifique jeune homme qui occupait toutes ses pensées. Malheureusement, il était introuvable et, quelque peu dépitée, la professeure des écoles poussa un long soupir. Il était certainement en cuisine ou en pause et elle allait devoir attendre avant de pouvoir lui parler. Elle était loin d'être bête, elle savait que plus elle allait attendre, moins elle aurait le courage de lui avouer ce qu'elle avait sur le c½ur. Soudain, une forte voix l'interrompit :
 
« Hey, Nami ! Je ne pensais pas te voir aujourd'hui, la salua avec entrain Luffy en venant se placer à côté d'elle et une fois de plus, elle fut impressionnée par sa bonne humeur.
-Salut, ce n'était pas réellement prévu, mais on va dire que la nuit dernière a pris un tournant intéressant, répondit-elle énigmatiquement, un sourire rêveur aux lèvres ; qu'elle était niaise !
-Hm ? Interrogea le brun en penchant la tête sur le côté, ne semblant pas avoir compris ce qu'elle venait de dire et elle ne put que pouffer de rire devant tant d'innocence.
-Sanji est ici ? Préféra-t-elle demander, ne souhaitant pas étaler sa vie intime au jeune homme.
-Yep, mais il dort là, je viens de prendre la relève, il semblait vraiment fatigué, expliqua-t-il en se grattant la tête, comme perturbé, alors que son visage était couvert d'inquiétude. Mais tu peux l'attendre si tu veux. » Continua-t-il en retrouvant son sourire avant de partir.
 
            La rousse le regarda s'éloigner, les sourcils froncés, cet échange avait été des plus étranges. En haussant les épaules, elle se rassit convenablement sur la chaise haute et passa une main dans ses longs cheveux, ce même sourire niais étirant ses lèvres pulpeuses. Elle avait l'impression de nager en plein rêve et ce, pour son plus grand bonheur. Elle voulait enfin s'accorder une nouvelle chance et recommencer depuis le début. Usopp était le seul à s'occuper de la préparation des boissons et à la vue de ses cernes, la jeune femme se sentit désolée pour lui. Nami ne s'était jamais couchée tard la veille d'une journée de travail et elle avait la chance de ne pas avoir à travailler le week-end. Par conséquent, elle ne pouvait que respecter son entêtement à vouloir rester éveillé, surtout qu'il n'y avait pas foule aujourd'hui et le pauvre s'endormait contre son bar. En effet, son dos était appuyé contre l'un des meubles, ses bras étaient croisés contre sa poitrine et sa tête tombait en avant sous le poids de la fatigue. Encore somnolant, il s'efforçait de la relever, mais elle n'était pas dupe.
 
« Hé, Usopp, comment tu vas ? L'interpella-t-elle avec force et ce dernier sursauta si violemment qu'il faillit tomber, puis, les sens en alerte et affolé, il tourna la tête de gauche à droite. Là Usopp, l'appela-t-elle à nouveau pour qu'il puisse la localiser.
-Ne me fais plus jamais ça Nami, j'ai bien cru que j'allais mourir, rouspéta le jeune homme au long nez en s'approchant d'elle.
-Toi ? Avoir peur ? Tu es certain ? Questionna le belle en prenant une mine étonnée, en contradiction avec le sourire moqueur qui se formait aux coins de ses lèvres.
-Moi ? Avec peur ? N'importe quoi voyons ! Je t'ai déjà raconté la fois où j'ai fait fuir des voyous qui ont tenté de me voler à mains nues ? En même temps, je peux les comprendre, il est facile d'avoir peur devant le grand Usopp ! Se vanta le plus gros menteur que la rousse n'eut jamais connu et elle se retint de rigoler du mieux qu'elle pouvait, il n'avait pas marché dans son piège, il avait couru dedans.
-Tu es certain que ce n'est pas toi qui a fui dans la direction opposée ? Intervint une voix féminine en s'asseyant à côté de la professeure.
-Oh, intéressant, tu en penses quoi Usopp ? Lui demanda Nami en lançant un regard complice à la brune qui venait de prendre place.
-Et si tu commandais ? »
 
            Le fait qu'il venait de répondre à sa question par une autre interrogation fit comprendre à la jeune femme qu'elle venait de le coincer et ce, avec l'aide de Robin. En voyant son air gêné, la rousse ne put que glousser, il avait enfin compris que les deux femmes se jouaient de lui et qu'il était tombé dans un piège. Dieu seul savait à quel point elle l'adorait ! Sans le faire attendre plus longtemps, elle commanda un simple café et un gâteau au chocolat et aux noix. Cette pâtisserie était la nouveauté du café-librairie, Sanji lui en parlait depuis des semaines, il le lui en avait même fait goûter avant que le gâteau soit officiellement sur les étagères. Il était succulent, mais légèrement trop lourd pour son estomac, elle ne le prenait donc que lorsqu'elle mourait de faim, comme en cette fin de matinée. Sans un mot de plus Usopp la servit avant de recevoir une autre commande de la part de son patron. Nami commença à manger tranquillement, appréciant le goût du café, mais encore plus celui du met qui lui remplissait le ventre.
 
« Alors, hier soir ? Commença la plus vieille en un sourire énigmatique dont seule elle avait le secret et qui mettait tout le monde mal à l'aise.
-Hier soir ? Répondit-elle en faisant comme si elle n'avait pas compris où Robin voulait en venir. Oh, tu parles de la soirée ? Brook était génial, tu trouves pas ? Il a vraiment un don pour la musique, commenta la rousse en hochant la tête de haut en bas à plusieurs reprises.
-Ne me mens pas Nami, tu sais très bien que c'est inutile avec moi, reprit la passionnée de littérature en gardant ce même sourire énigmatique sur ses lèvres et la plus jeune soupira, découragée.
-Qu'est-ce qui te fait dire qu'il s'est passé quelque chose ? Questionna-t-elle, tentant de retourner la question contre la brune, sans se rendre compte qu'elle faisait la même chose que Usopp, quelques minutes auparavant.
-Laisse-moi te faire une liste, par où commencer... le fait que Sanji t'ait raccompagné hier soir, qu'il était en retard ce matin, énuméra-t-elle avec une lenteur calculée et Nami rougit en repensant à tous les efforts qu'elle avait fait pour le retenir au lit, ce matin. Les énormes cernes qu'il a, le sourire béas qu'il a sur le visage, les étoiles qu'il a dans les yeux. Ensuite, tes propres cernes, ton propre sourire béas, tes propres étoiles et-
-C'est bon, je pense avoir compris, l'interrompit soudainement la rousse plus fermement qu'elle ne l'aurait voulu en posant sa main droite contre sa bouche.
-Oh non, c'est bien trop plaisant, reprit Robin en ôtant la main qui se trouvait sur ses lèvres. Et enfin, le gros suçon sur ton cou que tu n'as même pas pris la peine de camoufler. »
 
            Les yeux de Nami s'agrandirent sous la stupeur. Immédiatement, elle porta ses doigts contre son cou, à la recherche de la marque qui d'après son amie était immanquable. Elle ne mit pas longtemps à la trouver et fut étonnée en sentant à quel point sa peau était gonflée. Sanji n'y était réellement pas aller de main morte. Soudainement gênée et quelque peu honteuse, la jeune femme s'empressa de placer ses cheveux devant la marque avant de finalement remettre l'écharpe qu'elle avait quitté en rentrant. Le rire moqueur de la brune lui vint aux oreilles et sa seule réponse fut un regard noir, après tout, elle n'avait rien d'autre pour se défendre. La professeure des écoles saisit ensuite la petite cuillère qui se trouvait devant elle et reprit une nouvelle part du gâteau.
 
« Nami, l'appela soudainement Robin en posant sa main contre son avant bras et l'apostrophée la regarda, tout en continuant de mâcher. Je suis réellement contente pour vous deux. Tu le sais, Sanji n'est pas du genre à se poser, cela ne fait pas non plus de lui un Don Juan, mais il aime savoir qu'il plaît et de nombreuses filles lui plaisent. Avec toi cependant, c'est différent et j'espère que tu le comprends. »
 
            Ce que venait de dire la plus vieille troubla immédiatement la belle aux iris noisette. Elle avait parlé, comme à son habitude, avec une lenteur calculée et avait pesé ses mots de façon à ce qu'ils l'atteignent en plein c½ur. Qu'elle était douée ! La rousse déglutit difficilement et plongea, pour son plus grand malheur dans les pupilles de la brune. Elles étaient aussi énigmatiques qu'elle et le diction qui disait que les yeux reflétaient l'âme ne s'appliquait définitivement pas pour Robin. Nami se sentait très mal à l'aise et elle voulait que quelqu'un l'aide, maintenant.
 
« Je vais y aller, si jamais des clients ont besoin de moi, reprit la passionnée de littérature en se levant. Surtout, n'hésite pas à venir me voir si tu as le moindre problème. »
 
            Sa proposition était sincère, la professeure le savait, elle savait aussi qu'elle aurait dû lui dire merci, cependant, elle ne pouvait pas articuler un seul mot. Robin avait toujours eu une aura impressionnante, mais ce n'était rien comparé à ce qu'il venait de se produire ; rien que d'y repenser, la jeune femme en avait des frissons. Elle ne se détendit qu'une fois qu'elle fut certaine que la brune était bien partie et elle s'autorisa même à pousser un soupir de soulagement. Tout ce qu'elle voulait, à présent, c'était qu'on lui donne un petit peu de répit.
 
            En prenant une gorgée de son café, elle repensa à ce que lui avait dit Robin. Bien évidemment, elle savait que Sanji aimait les filles, elle l'avait remarqué et ce dès la première fois qu'elle l'avait vu. Étonnement, ce n'était pas quelque chose qui l'avait dérangé. Habituellement, elle se serait éloignée, sachant que la seule fin pour elle serait un c½ur brisé. Mais elle avait inlassablement continué de se rapprocher de lui et le blond lui avait lui aussi accordé toute son attention, délaissant les autres femmes, si bien qu'à aucun moment elle n'avait douté de sa sincérité. Heureusement qu'elle était tombée sur quelqu'un comme Sanji, sinon elle aurait définitivement fini avec un c½ur brisé en se rapprochant d'un charmeur.
 
« Nami ! Tu es venu ? »
 
            Une voix grave la sortie de ses pensées et elle sourit en reconnaissant à qui elle appartenait. Enfin, celui pour qui elle était venue. Elle releva la tête et tomba sur son amant. Le barbu arrivait dans sa direction, en contournant le bar et elle le trouvait adorable. En effet, il se frottait les yeux à la manière d'un enfant qui venait tout juste de se réveiller et elle savait que c'était le cas. De plus, son uniforme était en désordre, ce qui renforçait son idée. La rousse remarqua ensuite les cernes qui s'étaient installées sous ses yeux et Robin avait raison, il semblait exténué. Cependant, comme la brune l'avait dit, ses prunelles marron brillaient comme jamais et le sourire qui étirait ses lèvres remontait haut sur son visage. Il était époustouflant. D'un vif geste, la jeune femme décala la chaise qui se trouvait à côté d'elle, l'invitant silencieusement à prendre place et ce fut ce qu'il fit.
 
« Bien évidemment, répondit-elle coinçant quelques mèches de ses cheveux derrière son oreille, preuve qu'elle était anxieuse.
-Tu as froid ? Demanda Sanji sur un ton empli d'inquiétude, alors qu'il commençait déjà à toucher son front et ses joues pour voir si elle avait de la température.
-Non, pourquoi ? Questionna-t-elle à son tour, les sourcils froncés, ne comprenant pas d'où lui venait cette idée.
-Tu portes ton écharpe, lui expliqua le jeune homme en ricana et immédiatement, elle rougit.
-C'est à cause de toi, lui reprocha la professeur en enlevant son écharpe, dévoilant la marque qui se trouvait sur son cou.
-Oh, souffla-t-il en passant la pulpe de ses doigts sur le suçon et Nami sentit un frisson agréable la parcourir de la tête aux pieds. Ça te va bien, tu ne devrais pas le cacher, lui affirma ensuite le serveur en un sourire carnassier et la rousse leva les yeux au ciel.
-Tu n'es pas trop fatigué ? Interrogea-t-elle en s'inquiétant à son tour pour la santé du blond.
-Un peu ouais, mais le jeu en valait la chandelle. »
 
            La jeune femme rougit à nouveau et répondit au sourire que lui offrait Sanji. Le silence s'installa entre les deux et la belle avait peur qu'à présent, la situation devienne étrange entre eux, qu'ils soient gênés ou qu'ils n'arrivent plus à agir comme avant. Elle ne voulait pas que cela arrive, parce qu'elle ne regrettait pas la nuit qu'ils avaient passé ensemble et parce qu'elle voulait qu'ils fassent encore un peu plus de chemin ensemble. Elle lui proposa donc une part du gâteau qu'il avait fait, il accepta volontiers et avant qu'elle ne s'en rende compte, ils parlaient déjà avec aisance et naturel. Ils discutaient déjà depuis une bonne demi-heure et avaient respectivement bu deux cafés lorsque Nami se demanda pendant encore combien de temps sa pause allait durer. Elle savait qu'elle allait devoir lui partager ce qu'elle ressentait avant qu'il ne doive reprendre le travail. Alors, en prenant une grande inspiration, elle changea soudainement de sujet :
 
« Sanji, tu sais, par rapport à hier soir, je-
-Tu n'est pas obligée d'en parler si tu n'en as pas envie, la coupa le blond avec compréhension.
-Mais j'ai envie d'en parler, pas toi ? Questionna-t-elle faiblement, effrayée à l'idée qu'il lui demande de toute oublier et de faire comme si rien ne s'était passé.
-Si, bien sûr que si j'ai envie d'en parler, lui répondit-il comme si cela était évident pour lui.
-Tu m'as fait peur idiot ! Le sermonna Nami en lui demanda un léger coup de poing contre l'épaule, à la fois agacée et soulagée. C'est comme ça que commencent des quiproquos disproportionnés.
-Je suis désolé, c'est juste que je ne voulais pas que tu te sentes obligée de faire quoi que ce soit, se justifia le barbu en faisant glisser maladroitement les paumes de ses mains contre ses bras.
-Je ne me force pas, réellement, assura-t-elle en lui souriant sincèrement. Je vous te dire que, que la nuit derrière avait été magnifique et que je voulais que toi et moi, que toi et moi on tente quelque chose. Je veux pas qu'on soit juste un coup d'un soir. »
 
            La confession de la jeune femme n'était pas la plus parfaite au monde, malgré tout, elle avait l'avantage de venir du c½ur. Durant sa déclaration, elle avait saisi les mains de Sanji pour les serrer entre les siennes, ressentant le besoin d'avoir un contact physique avec lui. Durant tout l'échange, jamais elle n'avait lâché les beaux yeux du blond et encore maintenant, elle soutenait son regard, à la recherche de la moindre émotion positive comme négative. Et elle fut particulièrement heureuse de voir toute l'affection qu'il lui portait à travers ses prunelles. Il n'avait même pas besoin de mots pour lui faire comprendre ce qu'il pensait, Nami pouvait lire en lui avec une facilité déconcertante. Un fin sourire habitait son visage et la professeure le trouvait réellement magnifique. Doucement, elle se rapprocha de lui, pour l'embrasser, leur dernier baiser remontait à quelques heures seulement, mais elle avait déjà l'impression que cela faisait une éternité. Définitivement, elle se détestait pour être aussi niaise.
 
« Excusez-moi de vous déranger on voudrait commander mon amie et moi. »
 
            L'intervention d'une adolescente fit revenir les deux amants sur Terre. En grognant le plus discrètement possible, la rousse se recula et lança un regard aux deux jeunes. Les demoiselles portaient le même sourire sur leur visage et il sonnait aussi bête que celui qui étirait les lèvres pulpeuses de Nami. La plus petite, avait la tête baissée et semblait gênée, au contraire de celle qui avait pris la parole et qui avait un regard déterminé. La jeune femme se retint de ricaner, quel bourreau des c½urs ce Sanji.
 
« Je, oui, bien évidemment, dîtes-moi ce que vous voulez. »
 
            La réponse du blond avait été poli et déjà, il lâchait les mains de la professeure pour se lever et se diriger derrière le comptoir. Le barbu semblait désespéré à l'idée de se séparer d'elle maintenant, alors que leur relation était à un tournant aussi important, malheureusement, le client était roi. La belle lui offrit un sourire rassurant ; elle n'allait pas partir après tout. Sans un bruit, elle finit la deuxième part de gâteau au chocolat. Pour sa défense, le serveur avait facilement mangé la moitié du premier avec une rapidité affolante, ne lui laissant pas le temps de se rassasier. Discrètement, elle écouta la commande des adolescentes et secoua la tête, un sourire à la fois moqueur et compatissant accroché au visage. Elles tentaient de faire la conversation à Sanji, leur rire étaient forcés et nerveux, alors qu'elles se touchaient leurs cheveux détachés, les balançant un coup sur la gauche et un coup sur la droite. Nami se moquait silencieusement d'elles, mais elle ne pouvait s'empêcher de se retrouver en elles, elle aussi avait tenté de séduire les hommes de cette manière lorsqu'elle était jeune. Tout le monde passait par là.
 
            Malgré toute l'empathie qu'elle ressentait pour elles, la rousse, commença à perdre patience au bout de cinq bonnes minutes. Elle voulait bien être gentille et ne pas se montrer jalouse car elles n'avaient certainement pas plus de seize ans, mais il était difficile de supporter que son petit ami se fasse draguer aussi ouvertement et cela devant elle. Un sourire amusé aux lèvres, elle fit volontairement tomber sa petite cuillère au sol, la faisant tinter contre le carrelage. Immédiatement, toute l'attention du blond se dirigea vers elle, ainsi que celle des deux adolescentes.
 
« Nami, tu vas bien ? S'inquiéta le pauvre Sanji qui ne savait pas encore que tout n'était que supercherie.
-Oui, ça va, excuse-moi. »
 
            Elle se pencha pour récupérer sa cuillère et en se relevant, elle remarqua que le regard du serveur était toujours fixé sur elle, comme celui des demoiselles. Alors, avec une lenteur calculée, elle posa sa petite cuillère sur le comptoir et décala sa longue chevelure sur la gauche, dévoilant aux yeux de tous la marque qui se trouvait dessus. Les deux plus jeunes semblèrent comprendre ce que tout cela signifiait après avoir fait la navette entre Sanji et elle. Horrifiées, elles prirent leur commande, payèrent et s'installèrent à la table la plus éloignée du bar. Sans attendre, Nami laissa un doux rire s'échapper de ses lèvres avant de jeter un regard à son amant qui lui aussi ricanait.
 
« Tu es impossible, souffla-t-il en souriant et en se penchant au-dessus du comptoir pour s'approcher de la professeure.
-J'ai fait qu'écouter ton conseil, ça me va bien, non ? »
 
            Le sourire de l'employé de Luffy s'agrandit et la rousse se pencha en avant et dû se relever légèrement pour atteindre le jeune homme. Elle se savait niaise, mais elle appréciait que ce sentiment coule à nouveau dans ses veines après autant de temps. Et avant qu'elle ne puisse recommencer à rigoler au souvenir de la tête des deux lycéennes, le blond l'embrassa, avec une infime douceur. Elle était définitivement bien ici.
 
*
 
« Je suis tellement contente pour toi et Sanji, je suis certaine que vous allez être heureux tous les deux, la félicita Vivi en tendant son verre empli d'alcool en l'air, comme si elle portait un toast et cela eut pour effet de faire soupirer et sourire Nami.
-Arrête donc tes idioties, j'ai l'impression que c'est un jour de fêtes.
-Ça l'est mon enfant, ça l'est ! »
 
            Et la rousse ne put que glousser. La bleuté et elle se trouvaient dans un bar de la ville en ce vendredi soir. Juin venait tout juste de commencer et les températures étaient si clémentes que les terrasses des bars étaient pleines, même à plus de vingt-deux heures. L'étudiante avait rapidement appris que la professeure et le serveur sortaient ensemble, mais à cause de ses derniers examens, elle n'avait pas pu emmener sa meilleure amie enterrer sa vie de célibataire. Nami avait trouvé cette excuse ridicule, mais elle avait envie de sortir, alors elle avait accepté. Les deux amies d'enfance étaient à présent assises en terrasse, un mètre de shooter bu au trois quart devant elle. Nami avait trouvé que cinq verres chacune était loin d'être raisonnable, mais Vivi avait secoué la tête de gauche à droite et lui avait dit de boire. La bleuté était ivre, la preuve en était, elle avait une cigarette, qu'elle avait réussi à se faire payer dans la main gauche. La rousse avait la tête qui tournait et était prise de fou rire incontrôlables, elle était définitivement trop vieille pour ce genre de soirée. Elle sentait déjà que le lendemain matin serait compliqué et il le serait encore plus d'ici la fin de la soirée.
 
            Sans attendre plus longtemps, elles trinquèrent et burent leur shooter d'une seule et même gorgée. Elles se regardèrent, se sourirent et gloussèrent sans comprendre pourquoi, mais c'était agréable. L'étudiante tira sur la cigarette, l'inspira en fermant ses beaux yeux bleus et recracha la fumée après quelques secondes. En ouvrant à nouveau les paupières, elle remarqua que la professeure la regardait et lui tendit alors le tube de nicotine en un sourire, mais Nami se contenta de refuser. Ce n'était tout simplement pas son truc. Malgré tout, elle ne se lassa pas d'observer son amie fumer, cette addiction lui rappelait celle de Sanji et immédiatement, elle se sentit encore plus heureuse. Elle vivait comme sur un petit nuage en sa compagnie et après des mois de tristesse, c'était des plus plaisants. Bien évidemment, elle ne rêvait pas et savait que les problèmes arriveraient tôt ou tard, mais ils arriveraient à les surmonter, ou tout du moins, elle l'espérait.
 
            Soudain, la sonnerie de son portable, qui était posée sur la table, rompit le calme et l'ambiance qui régnaient entre les deux jeunes femmes. La rousse fronça les sourcils, alors que Vivi, en un mouvement de tête lui intima de répondre, ce qu'elle fit.
 
« Yep, Nami à l'appareil, répondit-elle avec le plus de sérieux qu'elle possédait, ce qui était peu ; les sorties n'étaient définitivement plus de son âge.
-Nami, c'est Marco, je t'entends pas très bien, je te dérange pas ? Lui demanda une voix grave qu'elle reconnaissait comme étant celle de son ex et il ne lui en fallut pas plus pour dessaouler.
-Qu'est-ce que tu veux ? Questionna-t-elle à son tour, aussi froide qu'une porte de prison.
-Je veux simplement qu'on parle, ça fait des mois que j'essaye de te joindre.
-Je pensais justement que tu aurais lâché l'affaire depuis, répliqua-t-elle en soupirant et elle était réellement agacée et embêtée qu'il l'appelle à nouveau.
-Tu sais très bien que tant qu'on ne se sera pas parlés, on arrivera jamais à être pleinement heureux, argumenta celui qu'elle avait aimé du plus profond de son c½ur sur un ton désespéré et elle aurait aimé lui dire qu'elle était « pleinement heureuse » mais cela serait mentir.
-Tu veux qu'on se voit, c'est ça ? Devina la professeure après quelques secondes silencieuses et elle savait que Marco avait retenu son souffle, anxieux.
-Oui, en effet. Tu veux bien y réfléchir, s'il te plaît ?
-Je, oui, bien évidemment que je vais y réfléchir, laisse-moi un ou deux jours, grand maximum, d'accord ? Céda la jeune femme en se retenant de pousser une nouvelle expiration alors qu'elle rapprochait son bras libre d'elle, comme si elle avait subitement froid.
-Merci, merci, vraiment, merci Nami. J'attends ton appel avec impatience, bonne soirée ! »
 
            Et il raccrocha dans la foulée, ne lui laissant pas le temps de le saluer à son tour ou de changer d'avis. Sa voix, à travers le combiné était tintée de joie et la rousse pouvait parfaitement imaginer son visage à ce moment. Immédiatement, son c½ur se serra ; un mélange de culpabilité, de tristesse et d'allégresse le déchiraient en mille morceaux. Qu'avait-elle fait ? Nami reposa son portable sur la table et passa ses deux paumes de mains contre son visage, totalement désemparée. Qu'allait-elle faire ? Son regard noisette resta fixé dans le néant un long moment encore. Elle n'osait pas regarder Vivi, elle savait que sa meilleure amie allait être totalement contre la décision qu'elle venait de prendre. Certes, elle n'avait pas accepté d'aller voir Marco, malgré tout, elle lui avait qu'elle y réfléchirait et c'était un premier signe de capitulation.
 
« C'était Marco, n'est-ce pas ? Annonça la plus jeune en se penchant en avant, le ton las.
-Oui, souffla la rousse en lui lançant un regard tout en se demandant comment elle avait pu le deviner aussi facilement.
-Tu vas réfléchir à quoi ? Demanda-t-elle ensuite en plissant ses yeux et Nami la soupçonna de savoir exactement quelle était la réponse.
-Si oui ou non j'ai envie de le revoir, répondit la professeur en baissant la tête, elle n'avait pas honte, elle en était certaine, mais elle avait tout de même peur de la réaction de son amie, qui, elle savait, serait mauvaise.
-C'est une blague ? Questionna-t-elle légèrement en colère et en réponse, la belle se tendit et elle avait l'impression de réagir comme une enfant devant l'un de ses parents. S'il te plaît, Nami, dis-moi que c'est une blague, réitéra la bleuté en poussant un soupir et elle semblait désespérée, mais que pouvait-elle répondre à cela ? Dois-je te rappeler qu'il t'a quitté du jour au lendemain, sans un mot et qu'il revient, des mois après, pleurant et suppliant, sans parler du fait qu'il ne te lâche plus ? C'est trop facile et tu ne peux pas tomber dans le panneau, la sermonna l'étudiante avec force et la plus vielle soutint son regard.
-Oui c'est vrai. Mais je sais aussi que si je veux aller pleinement de l'avant avec Sanji je dois être en paix avec la relation que j'ai eu avec Marco. Lui parler et savoir pourquoi il m'a blessé serait l'un des meilleurs moyens de le faire, contre attaqua-t-elle enfin plus froidement qu'elle l'aurait souhaité.
-Parlons-en de Sanji tiens, tu as couché avec lui Nami et vous êtes ensemble maintenant, tu ne peux pas juste retourner voir ton ex. Et si Marco te dit qu'il t'aime, qu'il veut te récupérer, qu'est-ce que tu vas lui répondre ? Pointa-t-elle du doigt, les sourcils froncés et avec une agressivité que la rousse ne lui connaissait que très peu. Plus important encore, est-ce que tu l'aimes toujours ? Parce que si c'est le cas alors pourquoi est-ce que tu as couché avec Sanji ? Il a totalement craqué pour toi et, Nami, tu sais à quel point je t'aime, t'es comme ma grande s½ur, s'adoucit Vivi en saisissant sa main droite pour rapidement entrelacer leurs doigts. Mais Sanji est mon ami maintenant alors réfléchis bien. Ne le blesse pas comme Marco t'a blessé. »
 
            Sans un mot de plus, elle lâcha la main de la professeure et se recula, de façon à s'asseoir convenablement sur sa chaise. Puis, sous les yeux horrifiés de son amie d'enfance, l'unique fille de la famille Nefertari se leva et lui tourna le dos sans le moindre regard. Que venait-il de se passer exactement ? Le temps qu'elle réagisse l'étudiante était déjà loin, malgré tout, elle se leva et partit à son tour, dans le but de rentrer à son appartement. Le chemin du retour fut long et froid. Toutes ses pensées étaient tournées vers ce dilemme qui s'imposait à elle et plus elle réfléchissait, plus son c½ur se déchirait. Marco était son passé, Sanji était certainement son futur et pourtant, il lui semblait que les deux hommes se trouvaient côte à côte et lui demandait de choisir. Était-elle destinée à le faire depuis le début ? Elle ne croyait pas au destin, ne pouvant concevoir le fait qu'elle n'était pas libre de ses actions, mais à présent, elle se posait de sérieuses questions. La jeune femme poussa un long soupir tout en retenant ce qui ressemblait à un violent sanglot ; comment allait-elle pouvoir choisir ?
 
*
 
            Nami se tenait devant la porte de l'immeuble depuis de nombreuses minutes déjà. Elle était en avance, mais elle n'avait pas pu se résoudre à tourner en rond dans son appartement en attendant l'heure fatidique. La semaine venait tout juste de commencer et les anciens compagnons s'étaient donnés rendez-vous dans le nouvel appartement de Marco. Le jeune homme avait d'abord voulu le faire en terrain neutre, mais la rousse avait imposé son propre point de vue. Elle voulait voir où il vivait, à présent. Elle ne savait pas réellement pourquoi, peut-être un mélange de curiosité, de culpabilité ou peut-être tout simplement parce qu'elle ne voulait pas se montrer en public. La discussion n'annonçait houleuse et elle ne voulait pas se donner en spectacle. Anxieuse, elle tordit ses doigts et soupira bruyamment. Elle finit par regarder son portable et en voyant qu'il était pile l'heure du rendez-vous, elle appuya sur l'interphone, sur le bouton qui se trouvait à côté du nom de famille de Marco. La porte de l'immeuble s'ouvrit et la rousse monta les marches qui, elle avait l'impression, la mèneraient en enfer.
 
« Entre, l'invita le blond en se décalant sur le côté.
-Merci. »
 
            La belle s'exécuta et détailla rapidement ce qui l'entourait. L'appartement était petit, mais pas minuscule pour autant et elle reconnaissait la plupart des meubles, ils avaient appartenu à sa mère. Cependant, pourquoi les avait-il récupérer ? À moins que... était-elle morte ? Était-ce la raison pour laquelle il l'avait quitté ? Elle se retourna subitement pour lui faire face et elle espérait qu'il comprenait ce qu'elle ressentait et ce qu'elle pensait rien qu'à l'aide de son regard, comme avant. Malheureusement, cela ne fut pas le cas car il fronça les sourcils, prouvant qu'il était dans l'incompréhension.
 
« Je, les meubles, ce sont ceux de ta mère, n'est-ce pas ? Est-elle, je veux dire-
-Non non, ne t'inquiète, elle a simplement déménagé, ne pouvant supporter la maison sans papa et elle m'a donné quelques meubles, la rassura-t-il en lui ouvrant un fin sourire. Tu veux quelque chose à boire ou à manger ? Proposa-t-il ensuite maladroitement, il semblait aussi, si ce n'était même pas plus mal à l'aise qu'elle.
-Non merci. Si tu veux bien, venons-en au vif du sujet, suggéra la rousse le plus gentiment possible, ne voulait pas le vexer, oui elle ne voulait pas s'éterniser ici, mais ce n'était pas une raison pour être malpolie voire même méchante.
-Je, oui bien sûr, allons nous asseoir sur le canapé. »
 
            Les deux adultes s'assirent d'un même mouvement et se regardèrent droit dans les yeux, dans un silence quelque peu gênant, ce qui était étonnant car habituellement, le blond était incapable d'arrêter de parler pendant plus de cinq minutes. Nami baissa rapidement les yeux et joua avec ses doigts. Elle ne savait pas exactement ce qu'elle ressentait, mais elle était certaine qu'il était impossible pour elle d'établir le moindre contact visuel avec Marco.
 
« Je suis désolé, sincèrement, murmura-t-il en un souffle et il semblait honnête, cependant, des excuses, après autant de mois, n'étaient plus suffisantes.
-Tu m'as quitté du jour au lendemain, me brisant le c½ur par la même occasion, répliqua-t-elle, la voix pleine d'amertume.
-Je sais, mais j'étais obligé de le faire.
-Était-ce une question de vie ou de mort ? Parce que si c'était pas le cas, alors tu étais en mesure de me dire ce qu'il se passait, d'être honnête, lui reprocha la jeune femme sur le même ton, elle ne voulait pas céder, c'était trop facile.
-Je voulais te parler de ce que j'avais, mais c'était simplement trop dur, avoua le blond tristement et sa jambe droite tremblait, signe qu'il était stressé.
-Écoute Marco, je vais être directe. Je suis venue pour des explications et seulement pour cela, alors dis-moi tout, exigea-t-elle en se penchant vers son ex petit-ami. Et si, et si jamais c'est à propos d'une autre fille et bien d'accord, je veux simplement que tu m'expliques, même si ce que je vais entendre ne me plaît pas, continua-t-elle avec douceur, saisissant même la main du jeune homme, elle le suppliait de la délivrer.
-J'étais alcoolique. »
 
            Ces quelques mots eurent l'effet d'une bombe sur Nami. Avait-elle bien entendu ? Elle eut un mouvement de recul et cligna des yeux un nombre incalculable de fois, comme si elle tentait d'assimiler ce qu'il venait de lui dire. Alcoolique ? Ce n'était pas possible. Il se moquait d'elle. S'il était alcoolique, elle aurait vu, ils vivaient ensemble, elle l'aurait remarqué s'il avait toujours eu un verre dans la main. De plus, elle ne l'avait jamais vu ivre, en dehors de quelques soirées qu'ils avaient fait avec leurs amis. Un rire nerveux sorti de sa bouche. Il se moquait totalement d'elle. Ne pouvait-il tout simplement pas lui dire la vérité ? Elle lui avait pourtant assuré que si une tiers personne était impliquée, elle ne s'en formaliserait pas. Marco n'avait pas pu être alcoolique. Ce n'était pas possible. Énervée, la rousse se leva du canapé et commença à faire les cent pas. Comment pouvait-il lui mentir si facilement et sur un sujet aussi sensible ? Elle allait exploser, elle pouvait sentir toute cette colère, cette amertume, cette tristesse monter en elle comme la lave d'une volcan. Et le volcan qu'elle était allait bientôt entrer en éruption.
 
« Alcoolique, sérieusement ? Tu n'avais pas une meilleure explication ? Ricana-t-elle en passant une main dans ses cheveux, puis sur son visage tout en continuant à faire des allers retours.
-Je suis sincère Nami, tu voulais la vérité, la voilà.
-Je ne te crois pas. Je veux dire, je l'aurais vu si tu étais alcoolique. Tu n'as jamais été ivre devant moi, tu n'as jamais eu de gestes violents ou quoi que ce soit, les bouteilles d'alcool dans les placards n'étaient pas vides, énuméra-t-elle avec vivacité, tout en tournant toujours en rond.
-Être alcoolique n'implique pas toujours le fait d'être ivre toute la journée, répondit Marco en se levant à son tour et en s'approchant de la professeure. J'étais ce qu'on appelle un alcoolique chronique. Je buvais beaucoup de verres par jours, mais je n'étais pas pour autant ivre, reprit-il doucement, avant de saisir les mains de la rousse, avec une grande délicatesse, comme s'il avait peur qu'elle lui échappe. Et non, les bouteilles des placards n'étaient pas vides pour la simple et bonne raison que j'avais réussi à trouver une cachette et j'ai jamais eu aucun de gestes violents envers toi parce que je m'en suis rendu compte avant. Mais ne trouvais-tu pas que j'étais plus à cran avant notre séparation ? Que j'étais moins ambitieux ? Plus las ? Comme si j'étais déprimé ? »
 
            La belle resta silencieuse le temps de quelques secondes, tentant d'assimiler tout ce que Marco venait de lui apprendre. Elle devait avouer que quelque temps avant leur soudaine séparation, le blond était sur les nerfs, était susceptible et s'énervant pour aucune raison. Par ailleurs, il se laissait aller, lézardant sur le canapé, n'aidant plus pour les tâches ménagères, alors que c'était à l'opposé de son comportement habituel. Cependant, elle avait simplement pensé que c'était une mauvaise passe, que le travail était particulièrement épuisant, après tout, tout le monde ne pouvait pas toujours être au top de leur forme. Avait-elle réellement rien vu ?
 
            Immédiatement, un sentiment de culpabilité l'assaillit, elle n'avait pas été capable de voir que quelque chose n'allait pas chez son petit ami. Elle avait failli à sa tâche en tant que petite-amie, elle n'avait pas été celle qui avait vu qu'il était malade. Comment avait-elle pu l'abandonner de cette manière ? Sans qu'elle ne rende compte, des perles salées commencèrent à tomber le long de ses joues rosies. Marco avait dû affronter son addiction tout seul, sans son soutien. Pourquoi ne lui avait-il pas tout simplement dit la vérité ? Elle aurait pu l'aider, ils auraient pu trouver des solutions ensemble. Était-ce un manque de confiance ?
 
            Par ailleurs, son addiction changeait totalement la donne. Maintenant qu'elle savait pourquoi il l'avait quitté si brusquement, elle ne pouvait pas lui en vouloir. Elle n'aurait pas pu pardonné un adultère, mais ils étaient loin d'être dans cette situation. Et si elle ne lui en tenait plus rigueur cela voulait dire que le seul sentiment qu'elle ressentait à présent à son égard était l'amour. Néanmoins, un gros problème se posait, elle sortait avec Sanji maintenant et elle l'appréciait énormément et elle ne voulait pas lui briser le c½ur.
 
            Soudain, une échappatoire apparut dans son dilemme cornélien ; Marco ne lui avait ni avouer qu'il l'aimait encore, ni qu'il voulait retenter quelque chose avec elle. En somme, elle n'avait pas à choisir entre son petit-ami et son ex petit-ami.
 
« Non, s'il te plaît, ne pleure pas, murmura le jeune homme en la prenant dans ses bras et la rousse se laissa aller. Je veux pas que tu pleures, lui ordonna-t-il en frottant avec douceur son dos pour la réconforter.
-Je, je suis tellement désolée Marco, s'excusa la professeure en continuant de pleurer contre son épaule. Tu as dû affronter tout cela tout seul, je n'étais pas là, je t'ai abandonné, je n'ai pas vu que tu n'allais pas bien.
-Hé, hé, hé, c'est rien, sourit le blond en se séparant d'elle pour prendre son visage en coupe. C'est rien. Je m'excuse de ne pas avoir eu le courage de te le dire et de t'avoir quitté sans un mot. J'ai été bête de ne pas te vouloir à mes côtés.
-Tu vas mieux maintenant ? Demanda-t-elle en un souffle en caressant ses cheveux, puis son visage avec tendresse.
-Beaucoup, je ne bois plus une seule goutte d'alcool, même pas un apéritif. Je sais que ça va être un combat à vie, mais je suis prêt à me battre, lui déclara Marco un large sourire aux lèvres, les yeux pétillants d'espoir et cela ne sentait pas bon. Je suis prêt à me battre avec toi à mes côtés, je t'aime toujours Nami et ce même après tous ces mois. Je, ce que je veux te demander, c'est, est-ce que tu voudrais bien qu'on se remette et qu'on continue notre histoire ?
 
            Ses dernières paroles eurent à nouveau l'effet d'une bombe sur la jeune femme. Il venait de briser le peu d'espoir qu'elle avait réussi à créer, quelques minutes auparavant. Immédiatement, elle se sépara de Marco et baissa la tête, ne sachant quoi lui répondre. Son c½ur battait la chamade et elle avait l'impression que sa cage thoracique allait exploser. Que devait-elle lui répondre ? Que pouvait-elle lui répondre ? Jamais dans toute sa vie elle avait dû choisir entre deux personnes qu'elle aimait, malheureusement, elle devait faire ce choix, ce soir. Il y a deux mois, elle serait très certainement retourner dans les bras de son ex petit-ami sans se poser la moindre question, mettant toute sa colère, tristesse et fierté de côté. Aujourd'hui encore, elle était tentée de le faire, cependant, il y avait quelqu'un d'autre qui occupait ses pensées à présent et c'était Sanji. Nami ne pouvait pas jeter le serveur pour retourner avec Marco, certes, elle ne pouvait pas parce que ce n'était pas morale de le faire, mais elle ne pouvait pas le faire parce qu'elle n'en avait pas l'envie. En effet, avait-elle réellement envie de recommencer quelque chose avec Marco ?
 
            Ses pensées n'étaient que brouillard et elle n'arrivait plus à penser correctement. Elle se sentait déchirée de toutes parts, entre deux hommes, entre deux vies et elle ne voulait pas l'être. La rousse avait toujours aspirée à être indépendante et ne jamais se laisser influencer d'une quelconque façon. Tout cela n'avait servi à rien, tout n'était qu'utopie car ici et maintenant, elle devait choisir. Sans qu'elle ne puisse les retenir, les larmes tombèrent de ses beaux yeux, elle les essuya d'un geste de la main, avant de recommencer ce même geste après quelques secondes. Elle voulait les effacer, mais en vain. Lentement, elle leva sa tête en direction de Marco et ses pleurs s'intensifièrent lorsqu'elle croisa son doux regard.
 
« Tu as quelqu'un d'autre, n'est-ce pas ? »
 
            Sa voix était teintée d'une immense tristesse et il baissa, à son tour, les yeux, comme s'il ne pouvait plus supporter sa vue et le c½ur de la professeure des écoles se serra douloureusement. Peut-être qu'elle ne le devrait pas, mais elle se sentait coupable d'avoir retrouvé quelqu'un aussi rapidement. Si seulement elle avait rencontré Sanji plus tard, la question ne se serait jamais posée. D'un autre côté, elle avait déjà attendu Marco pendant six longs mois, alors qu'il lui avait brisé le c½ur en la quittant du jour au lendemain. Mais si elle n'avait pas eu tant de fierté, ils n'en seraient pas là non plus, elle aurait dû répondre à ses appels plus tôt, prendre le taureau par les cornes bien avant ce soir. Il était évident que les deux adultes avaient leurs torts dans cette histoire et qu'un concours de circonstances n'avait pas joué en leur faveur. Nami, après de nombreuses minutes, effectua un mouvement et s'approcha du blond, avant de saisir son visage avec ses deux mains, créant un puissant contact visuel.
 
« Si seulement tu avais été le genre de gars qui trompe sa meuf puis la jette sans un regard, cela aurait été tellement plus simple, annonça-t-elle, les larmes continuant de couler abondamment sur ses joues, pleine de regrets. C'est fini Marco. »
 
            Le jeune homme s'était mis à pleurer lui aussi et cela brisa un peu plus le c½ur de la belle. Ils continuèrent de se regarder dans les yeux, exprimant à l'autre à quel point il l'avait aimé, l'aimait encore, mais aussi qu'il regrettait que cela se termine de cette façon. Lentement, le blond se pencha vers elle et il l'embrassa. La plus jeune ne se recula pas et répondit au baiser, leur dernier baiser. Leur langue dansaient en un lent et amoureux ballet, comme si c'était la dernière fois qu'elles se rencontraient et c'était en effet le cas. C'était teinté d'amour, de douceur, de désespoir et de regret. C'était tout simplement aussi douloureux que la fin de la relation. Les deux adultes finirent par se séparer, le c½ur lourd et les yeux couverts de larmes. Nami ne sut pas quoi ajouter de plus, alors, sans un mot, elle s'éloigna de l'homme qu'elle avait si sincèrement aimé et sortit de l'appartement sans un regard derrière.
 
            La rousse, fébrile, posa sa main droite contre la poignée de la porte de l'immeuble, son autre main servant à couvrir sa bouche. Elle n'avait pas pu contenir ses sanglots plus longtemps et la dernière chose qu'elle souhait, c'était que quelqu'un, alarmé par le bruit qu'elle faisait, vienne voir ce qu'elle avait. Elle tira la porte et apprécia l'air frais qui fouetta son visage lorsqu'elle sortit. La tête basse, elle passa ses doigts dans ses longs cheveux puis prit le chemin en direction de chez elle. C'était sans compter sur une lourde main qui se posa sur son épaule, la faisant violemment sursauter.
 
« Sanji ? »
 
            Elle n'en revenait pas. Que faisait-il ici ? Paniquée, elle eut un mouvement de recul, avant de frotter avec force ses joues et sous ses yeux. Tentant vainement de cacher qu'elle pleurait. Par ailleurs, le mascara qu'elle portait devait avoir coulé et elle n'osait imaginer la tête qu'elle avait. Elle se répétait, mais que faisait-il ici ? L'avait-il suivi ? Si c'était le cas, c'était réellement flippant. Par ailleurs, la professeure des écoles n'avait pas la tête à affronter un autre homme. Elle voulait simplement rentrer chez elle, vider toutes les larmes de son corps en mangeant de la glace et en regardant une émission de télé-réalité.
 
« Qu'est-ce que tu fais ici ? Demanda-t-elle froidement et l'expression du jeune homme changea.
-Je, Vivi est venue au Thousand Sunny et m'a demandé de t'attendre devant l'appartement de Marco, je crois qu'elle avait peur pour toi. »
 
            Le blond détourna le regard et se gratta la nuque, mal à l'aise. Il était sincère et Nami mordit sa lèvre inférieure, s'en voulant d'avoir réagi aussi méchamment alors que lui aussi, peut-être s'inquiétait. C'était Vivi qui l'avait contacté ? Elle avait beau avoir été particulièrement blessante l'autre soir, elle ne pouvait pas s'empêcher de s'assurer que tout aille bien pour elle. Néanmoins, comment avait-elle pu avoir l'adresse de Marco ? Avait-elle demandé à ses amis ? La fille de Bell-mère laissa un sourire étirer ses lèvres pulpeuses. Elle avait des personnes en or autour d'elle.
 
« Et toi ?
-Moi quoi ?
-Tu étais inquiet ? Questionna la jeune femme, un sourire au coin et Sanji rougit.
-Bien évidemment. J'aurais même apprécié que tu m'en parles...
-Je sais, je suis désolée, s'excusa-t-elle sincèrement en saisissant sa main. C'était juste que je voulais faire cela toute seule et je ne voulais pas que tu te fasses de films.
-J'ai eu le temps de m'en faire, pendant que je t'attendais, ricana nerveusement le serveur et la belle se doutait bien qu'il devait être fou, à l'attendre, en bas, dehors, alors qu'elle était avec son ex.
-Tu as eu peur que je me remettes avec lui ? Interrogea-t-elle une nouvelle fois en se mettant en marche tout en scrutant la réaction de son aîné.
-J'ai douté ouais. C'est pas que j'avais pas confiance en toi, c'est simplement que je sais ce que ça fait quand la personne qu'on a aimé revient soudainement dans notre vie. Tout semble confus et il est difficile de prendre la bonne décision, celle qui nous rendra heureux, précisa le jeune homme en serra en retour sa main, avant d'entrelacer leurs doigts et la rousse, malgré sa curiosité, décida de garder cette histoire pour une autre fois et de ne pas lui poser de question.
-Tu n'as pas été tenté de monter pour tout voir ?
-Oh si, j'hésitais à chaque seconde de plus qui passait à monter, répondit-il en gloussant et Nami le rejoignit, comme d'habitude, les moments passés avec lui étaient apaisants. Mais je savais que c'était pas la bonne chose à faire. Tu avais pas besoin de m'avoir à tes côtés, je suppose que la décision a été assez dure comme cela.
-Et si je t'avais annoncé que je te quittais ? Demanda-t-elle, la gorge nouée, à son plus grand étonnement, cette idée lui paraissait totalement incongrue.
-J'aurais accepté ton choix. Je veux ton bonheur Nami, débuta Sanji en s'arrêtant avant d'établir un long contact visuel. Si tu avais été plus heureuse avec lui, je l'aurais accepté, si tu es plus heureuse avec moi, j'en suis ravi. La première situation m'aurait brisé, mais ton bonheur passe avant le mien, c'est ça être en couple et c'est ça être amoureux. »
 
            Alliant les gestes à la parole, il passa avec une infime tendresse sa main libre contre l'une des joues de la jeune femme et en réponse, cette dernière pencha la tête sur le côté, cherchant plus de contact. Elle ferma les paupières et prit une grande inspiration, elle sentit ses muscles se détendre et progressivement s'apaiser. Elle se sentait bien avec le serveur et elle espérait que jamais ce sentiment ne disparaîtrait. En un souffle, la belle lui demanda de l'embrasser et le blond s'exécuta. C'était un simple baiser, mais Nami le savoura.
 
« Il se pourrait bien que je sois aussi sous ton charme, Vinsmoke Sanji. »
 
            Ils se sourient, s'embrassèrent chastement une autre fois avant de reprendre la route. Le c½ur de la professeure étant à présent bien plus léger. Elle ne regrettait pas le choix qu'elle avait pris ce soir et elle espérait qu'elle ne le regretterait jamais. Le trajet jusqu'à l'appartement de la plus jeune se déroula, dans un premier temps, silencieusement, jusqu'à ce que le jeune homme finisse pas reprendre la parole.
 
« Ça me fait penser, je ne t'ai jamais proprement invité à un rendez-vous.
-C'est vrai, acquiesça-t-elle en s'étonnant qu'il ne l'ait pas déjà fait, lui qui était si galant. Mais je te préviens tout de suite, je ne couche pas dès le premier soir, le mit-elle ensuite en garder, en se retenant de rire.
-N'importe quoi, tu peux pas me résister, affirma-t-il avec force, tout en lui lançant un regard explicite.
-Tu es certain ? Je me souviens plus vraiment, mentit la belle en fronçant les sourcils, simulant une perte de mémoire.
-Tu vas voir ! »
 
            Sans qu'elle ne s'y attende, Sanji lui saisit les hanches et la plaça comme un sac à patate sur son épaule. La rousse ne put que rire devant l'idiotie de son petit-ami. Pour la forme, elle lui frappa doucement le dos et cela n'eut bien évidemment aucun effet. Elle passa le reste du trajet sur l'épaule du jeune homme, entre rires, exclamations et sourires.
 
            Nami ne savait pas où cette nouvelle aventure allait la mener et elle ne savait pas combien de temps elle allait marcher aux côtés du blond. Elle avait réussi à ouvrir à nouveau son c½ur au magnifique et épouvantable sentiment qu'était l'amour. C'était pour le meilleur ou pour le pire, elle le savait, mais elle ne voulait pas y penser maintenant. Après tout, Robin avait raison : la passion menait souvent à la destruction, néanmoins, ne valait-elle pas la peine d'être vécue ?
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Voici donc la deuxième et dernière partie de "Begin Again". Sincèrement, c'est vraiment un TS que j'ai adoré écrire et j'espère que vous avez aimé le lire. Je l'ai écrit en l'espace d'un mois seulement, ce qui montre à quel point j'étais inspirée. Que pensez-vous du lemon ? J'en ai pas écrit depuis des années et du coup je stresse un peu... Sinon, j'espère que la fin vous aura convenu, je voulais que Nami hésite entre les deux, mais qu'elle comprenne qu'avec Marco c'était réellement fini et ce même s'il l'a quitté pour une "bonne" raison. Une fois de plus, montrez-vous honnêtes, aussi bien sur les points négatifs que positifs, j'en ai absolument besoin si je veux m'améliorer. Merci de m'avoir lu, x.
Chloë.

Tags : Two Shot - One Piece - Hétéro - Nami & Vinsmoke Sanji

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Comments :

  • Fic-repertory

    05/06/2018

    Félicitation pour avoir terminé ton TS, je viens de mettre la seconde partie sur ton article! Je finirai ma lecture pour mettre un avis sous peu :)
    À très bientôt

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